Le rite de la séduction
Chroniques Lovahmane, Séduction - Lovahblog - Soirées, séduction, et sexualité
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Dans les analyses scientifiques, les enquêtes sociologiques et les études psychanalytiques, tout romantisme a disparu. Ou plutôt, quand le sexe est devenu un sujet digne de respect, ses atours et son prélude n’ont pas semblé devoir mériter beaucoup d’attention.
Sommaire1.La signification du mot ‘romantisme’
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1.La signification du mot ‘romantisme’
On prétend souvent que les attitudes modernes envers l’amour et le sexe ont tué le romantisme; cette affirmation n’est pas toujours justifiée par le contenu habituel des chansons, de la littérature, du cinéma, ou de la poésie.
La signification du mot ‘romantisme’ est particulièrement personnelle et non sans relation avec la nostalgie. Quand on regrette de voir cet aspect disparaître, on pense généralement aux attitudes formelles de la chevalerie et à une escalade graduelle de l’érotisme dans les relations avant que la sexualité ne soit admise, pour autant qu’elle le soit jamais. C’est en effet une série de rites que, traditionnellement, l’homme accomplissait pour courtiser et séduire la femme.
Les rites jouent un rôle important dans de nombreuses activités humaines. Ils confèrent à un acte sa signification, fournissent un cadre pour faciliter ‘le comportement social’ et créent une ambiance ou un état de conscience appropriés à la situation. De nombreux rites sont agréables en tant que tels.
2.Les rites, une tendance à devenir formalités ?
Les rites ont tendance à devenir de simples formalités. La notion occidentale de romantisme tire ses origines d’une aberration culturelle tellement particulière qu’il est surprenant qu’elle ait survécu aussi longtemps. Au moyen âge, quand la vie était rude et brutale et la licence en matière sexuelle un véritable problème, la noblesse européenne inventa un rite civilisateur.
Un chevalier pouvait choisir la femme d’un autre homme pour la poursuivre de ses assiduités et de son adoration et lui faire la cour. Il lui envoyait des fleurs, écrivait des poèmes à son intention, lui composait et jouait de la musique et pouvait porter ses couleurs dans les tournois.
Ce rite l’autorisait à lui déclarer sa passion avec ardeur et raffinement, mais jamais à faire l’amour physique avec elle. Créature trop divine pour la profaner par le sexe brutal, elle était placée sur un piédestal. La tradition et les rites romantiques ont engendré et inspiré une masse de livres pleins de passion dont le point culminant fut, dans la Divine Comédie, l’adoration de Dante pour Béatrice (dont il n’avait jamais fait la connaissance). La tradition littéraire de l’amour a continué jusqu’au siècle dernier, inspirée par l’aphorisme de Goethe: ‘L’éternel féminin nous pousse en avant et nous élève. ‘
3.Faire la cour à la femme, une règle des relations sociales
Pour l’homme, faire une cour élaborée à la femme est resté une règle des relations sociales jusqu’à récemment et survit encore dans certains milieux et certaines classes, mais est perçu aujourd’hui par beaucoup comme un anachronisme. Comme le faisait remarquer une jeune femme: ‘Je pense que ma génération a perdu cette aptitude – ou ce besoin de se laisser duper par un discours romantique.’
Ce que cette jeune fille voulait peut-être dire est développé très nettement par Kate Millet dans son livre Sexual Politics (Politique sexuelle): ‘L’amour romantique masque les réalités du statut de la femme et le fardeau de la dépendance économique. Palliant l’injustice de la position sociale de la femme, la chevalerie est aussi une technique pour la masquer.
4.Le romantisme pour masque le machisme ?
Il faut reconnaître que l’attitude chevaleresque est un jeu joué par le groupe maître pour élever son subordonné sur un piédestal. Les versions courtoises et romantiques de l’amour sont toutes deux des ‘concessions’ que l’homme fait de ses pouvoirs absolus. Toutes deux ont eu pour effet de masquer le caractère patriarcal de la culture occidentale et, par leur tendance générale à attribuer des vertus impossibles aux femmes, elles ont fini par les confiner dans une sphère de comportement étroite et souvent remarquablement limitée.’
Il est vrai qu’un repas raffiné, une bague et un bouquet de fleurs ne coûtent rien par rapport au travail domestique gratuit effectué en retour. Les aspects les plus agréables du romantisme ne devraient ni devenir des objets en eux-mêmes ni des moyens d’arriver à une fin, mais une façon de mettre occasionnellement en valeur une situation. Il devrait s’agir de cadeaux, présentés avec considération, et non pas de la pure répétition de modèles comportementaux dont on suppose qu’ils ont une valeur.
















