Le sexe à l’écran ou l’histoire ...
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Le sociologue de Harvard, Pitirim A. Sorokin a déclaré, il y a quelques années: “Notre liberté sexuelle commence à s’étendre au-delà des limites de la sécurité. Elle commence à dégénérer en anarchie.”
C’était l’opinion exprimée par de nombreux observateurs intéressés par les tendances de ‘industrie cinématographique à la fin des années 60 et au début des années 70. Ils ne se réoccupaient pas seulement des films manifestement pornographiques, mais s’intéressaient aussi aux nombreux films d’éminents réalisateurs acclamés par des critiques sérieux.
Sommaire1.Retour sur l’histoire du nu à l’écran
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1.Retour sur l’histoire du nu à l’écran
Le nu a été introduit au cinéma vers 1910, pas en 1960. Le sexe a toujours été un des thèmes chéris du cinéma. Cependant, sa représentation était le reflet des époques. Les périodes de dépression économique et les années de guerre ont été caractérisés par des films romantiques peuplés d’amoureux chérubins et d’enfants vedettes.
La vamp du XXe siècle et l’idéal sexuel à la poitrine développée des années 50 sont également des produits de leur temps. Mais les réalisateurs éminents de chaque décennie ont eu des problèmes avec la censure. Au cours des années 60 et 70, les films sur le sexe innovèrent.

Theda Bara, la première vamp. Elle tourmentait les hommes.
De nombreux films attirèrent ironiquement l’attention par la bataille qu’ils menèrent contre la censure et dont la publicité fit grand écho; ils attirèrent un public beaucoup plus large que celui qu’une critique de leur mérite artistique aurait jamais pu leur amener.
2.Les premières polémiques
Le réalisateur suédois Ingmar Bergman ne fit pas oeuvre de pionnier lorsque, dans son film Virgin Spring (1960), il montra une scène brutale de viol. The Outlaw (1943) de Howard Hughes montrait aussi une scène de viol. Ce film fut interdit pendant trois ans après sa réalisation; il fit de Jane Russell une véritable vedette et l’héroïne tomba amoureuse de celui qui l’avait violée. La scène de viol n’était en aucune façon comparable à celle de Bergman, mais elle se rendait coupable de renforcer un mythe très dangereux, selon lequel les femmes désireraient secrètement et apprécieraient le viol.
En 1963, Bergman amena à nouveau une polémique avec son film The Silence dans lequel il montrait une femme en train de se masturber. En 1966, Luis Bunuel réalisa Belle de Jour avec Catherine Deneuve dans le rôle d’une femme qui en a assez de son mari, chirurgien parisien, et qui se prostitue de temps en temps dans un bordel, de façon à pouvoir surmonter son humiliation sexuelle par la réalisation de ses fantasmes.
3.Homosexualité et tendances sexuelles
Puis, en 1969, le réalisateur anglais Ken Russel nous présenta sa version du roman de D.H. Lawrence, Women in Love, où non seulement il montre quelques scènes très explicites de rapports entre personnages nus, mais il inclut aussi une scène à caractère nettement homosexuel: une lutte entre les deux vedettes masculines nues. Les films d’Andy Warhol, plus spécialement Flesh (1968) et Trash (1970), montrent aussi des scènes d’homosexualité masculine et féminine.
Le film du réalisateur yougoslave Dusan Makavajer d’après l’oeuvre de Wilhelm Reich, W.R.-Mysteries of the Organism (1971) montre une scène où une femme amène, par la masturbation, un homme à l’érection, puis fait un moule de plâtre de son phallus, moule qu’elle utilisera par la suite comme décoration de cheminée. Le film fut interdit en Yougoslavie et retiré du festival de Cannes, mais il devint très célèbre en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis.
4.Les grands classique de l’érotisme
Dans le film Last Tango in Paris (1972) (Le dernier tango à Paris), MarIon Brando et Maria Schneider jouent le rôle de deux étrangers qui se rencontrent par hasard dans un appartement vide. Le film devint célèbre en raison de la polémique causée par une scène de relation sexuelle anale où du beurre sert de lubrifiant. Le film considéré comme le sommet de l’érotisme artistique”au cinéma fut Emmanuelle, réalisé en 1974.
Annoncé comme le film apportant le goût et la grâce dans le cinéma érotique, il restera dans les mémoires par sa peu vraisemblable scène d’amour dans les toilettes d’un avion et par les dizaines d’imitations qu’il engendra. Alors qu’on considérait Emmanuelle comme un film que chacun pouvait voir sans être offensé, les commissions de censure ne furent pas du même avis pour le film Deep Throat (1974).
5.Le mythe de Linda Lovelace
Bien que peu de personnes aient pu voir ce film, tout le monde fut bien vite au courant de l’histoire: une femme, Linda Lovelace, est née avec une anomalie anatomique: elle a un clitoris situé dans la gorge et ne peut, pour cette raison, arriver à la satisfaction sexuelle que par une relation orale.

Linda Lovelace
De fait, le film la montrait en train d’accomplir des actes prolongés de fellation. De nombreux critiques soulignèrent le fait que l’attention du public, au cinéma ou à la télévision, se dirigeait plutôt vers des scènes de sexe, que vers des films à la gloire de la violence.
Or, ils firent remarquer que la libre présentation de la pornographie ne semblait pas entraîner une augmentation de la corruption ou un accroissement des délits sexuels. Ainsi, au Danemark, où la censure a été abolie en 1969, le nombre de condamnations pour délit sexuel n’a pas augmenté.





















