Le sadomasochisme : une perversion chi...
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Cuir, latex, fessée, flagellation, bondage, menottes… l’imagerie et les codes sadomasochistes ont largement envahi la publicité et les médias “soft”. Comment peuvent se côtoyer plaisir et souffrance ? Attachez vos ceintures, ça va faire mal !
Les pratiques SM sont aujourd’hui très “mode”. Les magazines féminins indiquent à leurs lectrices les boutiques où elles peuvent se procurer une petite robe en latex noir, des cuissardes à talons aiguille ou un bon vieux martinet.

Le sadomasochisme contient une dimension spectaculaire qui nécessite un costume approprié, un déguisement qui fixe avec précision le statut et le rôle de chacun des protagonistes.
Le SM moderne comprend plusieurs types de pratiques :
- les flagellations à l’aide de cravaches, fouets ou autres martinets;
- l’insertion d’objets dans les orifices vaginaux, anaux ou buccaux ;
- les liens qui ont pour but de contraindre et d’immobiliser le soumis ;
- les rituels d’humiliation et de domination au cours desquels le soumis est amené à prendre toutes sortes de positions.



Enfin, dans une forme plus extrême, on inflige au soumis des modifications corporelles temporaires ou permanentes telles que le piercing, les scarifications, ou le tatouage. Le rituel se déroule dans un “Donjon”.
Dans sa forme “soft”, le SM constitue une inversion ludique, contrôlée et temporaire des positions que chacun occupe dans la vie sociale. C’est ainsi que les hommes de pouvoir ont souvent été de grands adeptes du sadomasochisme passif, dans lequel ils peuvent à loisir occuper la position du dominé.
Les femmes remplissent le rôle des dominatrices comme corollaire de leur position sociale inférieure. C’est bien parce que les femmes ont conquis des positions de pouvoir social qu’elles peuvent aussi aujourd’hui occuper la position de la soumise dans les rituels du SM.

Dans cette perspective, le SM constitue une sorte de soupape de sécurité où l’on peut jouer à l’autre.
Mais si l’on parle beaucoup actuellement du sadomasochisme dans les médias et que la mode a diffusé l’attirail des dominatrices, les pratiquants sont peu nombreux. Il n’existe à Paris que deux clubs qui offrent des donjons aux adeptes de ces jeux ainsi que quelques dizaines de prostituées qui offrent une “thérapie” SM à prix d’or.

On trouve dans ce type de relations, l’idée que la violence et la douleur qui en résulte seraient source de plaisir intense pour celui qui l’administre autant que pour celui qui la reçoit. Il s’agit donc d’une érotisation de la violence et de la douleur.

Le sadomasochisme inclut aussi la domination, la souffrance morale et l’humiliation. Les personnes qui ressentent ce type de jouissance auraient vécu des douleurs physiques intenses au cours de leur petite enfance et appris à les contrôler : le plaisir viendrait de cette possibilité de contrôle.
Le SM à la mode actuellement s’inscrit dans le cadre d’une relation consensuelle entre deux êtres libres. Et c’est bien la signature du contrat entre les deux partenaires qui fixe le déroulement du rituel et ses limites, qui en fait une pratique acceptable à une époque qui place la dimension juridique et négociée des relations sociales et interpersonnelles au sommet de ses valeurs.
De toutes les perversions sexuelles, la chasteté est la plus dangereuse.





















