Travestisme : perversion ou accompliss...
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Le travestisme recouvre de bien diverses notions. Se travestir pour s’amuser, pour la scène, par tradition, par besoin, pour des raisons érotiques, ou de nécessité psychiques…
Retour sur une forme de perversion indémodable et artistique à ses heures…
La notion de travestissement est très étendue et ne recouvre pas seulement une réalité érotique.
Ce qui vient en premier à l’esprit, c’est le travesti homme en femme, qui utilise des vêtements provocants et féminins pour la prostitution, ou le spectacle de cabaret. Ces deux réalités existent mais le sujet comporte de nombreuses dimensions culturelles.
Ainsi, on peut évoquer la tradition des “berdaches” chez les Indiens d’Amérique du Nord. Ce sont des hommes habillés en femme, ayant des occupations de femmes et tout à fait acceptés en tant que “troisième sexe”.
Les chamanes berdaches sont très puissants et jouissent d’une grande considération dans ces sociétés primitives. Leur statut de travesti les relie à une forme d’androgynie spirituelle.

Ceux qui sont étiquetés psychotiques ou marginaux dans nos sociétés blanches et occidentales, se trouvent valorisés dans ces sociétés-là .
En 1954, le psychiatre américain H.Benjamin a établi une distinction entre le travestisme et la transsexualité.
Le travesti reste en contact plus étroit avec la réalité : pour lui, ses organes génitaux restent le centre de son plaisir sexuel, comme chez les autres hommes, et il en est pleinement conscient. D’autre part, le travesti n’ignore pas que les vêtements féminins ne lui semblent non conventionnels et érotiquement excitants que dans la mesure où il est justement un homme.
Il faut cependant reconnaître que la plupart des travestis souhaitent de temps à autre devenir des femmes, mais il ne s’agit ici que de crises passagères.

L’attitude du transsexuel est beaucoup plus radicale. Le transsexuel considère qu’il appartient réellement au sexe féminin et que ses organes génitaux d’homme ne sont qu’un détestable caprice de la nature. Il souhaite ardemment devenir une vraie femme.¬¬
Certains transsexuels réussissent à persuader le corps médical de pratiquer sur eux les actes chirurgicaux leur permettant de rectifier leur anatomie pour pouvoir vivre entièrement au féminin.

Contrairement aux idées reçues largement répandues, les travestis ne sont pas tous homosexuels, même si on trouve beaucoup plus d’homosexuels parmi eux que dans la population de non travestis.
Impossible de parler de travestisme sans citer les artistes transformistes.
Ce sont des amateurs ou des professionnels qui montent sur les planches, dans des numéros travestis, des spectacles de cabaret, des imitations plus ou moins interprétées, fidèles ou comiques, de grandes stars féminines de la chanson ou du cinéma. C’est là que leur travestisme acquiert une dimension théâtrale.
Exemples de créatures provenant de cette exaltation théâtrale : les drag-queens des années 1990 ou les rock-stars en paillettes des années 1970 qui semblent tout droit débarqués de la galaxie du troisième genre.

Entre les chanteurs à minettes et les crooners virils, on trouve des modèles d’identification androgyne : Ziggy l’homme qui venait d’ailleurs, Boy George, les New York Dolls…
Un exemple brillant et sulfureux de travestisme fétichiste (se travestir pour obtenir une excitation érotique) :
Pierre Molinier, l’androgyne ténébreux du surréalisme, peintre bordelais, qui se mettait en scène lui-même pour se représenter en guêpière, bas noirs ou résilles, et qui aura donné à l’érotisme fétichiste une véritable dimension artistique.
Provocatrice et scandaleuse peut-être, mais aujourd’hui en phase de reconnaissance…


Le transvestisme féminin connaît lui aussi des références historiques, des personnages célèbres : George Sand, Radclyffe Hall, Claude Cahun, Colette, Marlène Dietrich…
Le phénomène part d’une situation diamétralement opposée à son inverse masculin. Il est autorisé à une femme de s’habiller en pantalon, en homme, voire de porter des accessoires masculins plus ou moins féminisés (cravates, pataugas, gros godillots).
Depuis l’émancipation des femmes, orchestrée par les féministes et les garçonnes des années 1920, qui coupèrent leurs cheveux et fumèrent le cigare, la masculinisation de l’allure des femmes est devenue banale.
S’il est socialement permis pour les femmes de porter un habit masculin, les femmes ouvertement masculines (“butch” : “camionneuses”), subissent parfois une certaine discrimination.






















